IRIS Mémoires d'Espagne

Le site de l’association IRIS pour la mémoire historique du camp républicain espagnol

L’exil espagnol aux Jacobins : exposition réalisée par les archives municipales de Toulouse

Jeunes réfugiés au Petit Capitole. Photo DR/ Collection Marius Bergé, Bibli. mun. Toulouse

Durant l’été 2011, le réfectoire des Jacobins à Toulouse a accueilli l’exposition
Toulouse, capitale de l’exil républicain, réalisée par les Archives municipales de la ville.

Les 80 ans de la République espagnole (1931-1939) et sa destinée brève et tragique ont donné lieu en 2011 à de nombreuses manifestations à Toulouse et le grand Sud-Ouest. L’exposition Toulouse, capitale de l’exil républicain, réalisée par les Archives municipales de Toulouse et visible durant l’été jusqu’au 4 septembre au réfectoire des Jacobins est venue clore ce cycle.

En 2009, la mairie de Toulouse et les archives municipales ont multiplié les initiatives pour rendre hommage à la communauté espagnole toulousaine, aux exilés de 1939 issus de la Retirada mais aussi de l’immigration économique, plus tardive, qui se sont intégrés à la ville. Ainsi, ont vu le jour : un circuit de mémoire, une fête espagnole renouvelée depuis trois ans sur le Port Viguerie rebaptisé Quai de l’exil républicain, un embryon d’exposition… Cette dernière s’est ensuite enrichie et a voyagé durant l’été 2010 à Toulouse et Saragosse pour revenir au bercail en 2011.

Revoilà le travail définitif, obtenu à partir de documents originaux glanés chez les particuliers ou centres de documentation : photographies tirées d’albums familiaux, films d’époque, œuvres d’art, livres (littérature, militantisme, propagande), affiches… Le résultat est un vaste panorama sur la présence espagnole qui part de la Retirada et de l’occupation allemande, s’étend à la vie culturelle, aux artistes (Pradal, Jordà, Gironella…), à l’action politique (congrès, meetings) et à ses figures marquantes l’édition (la Librairie des éditions espagnoles, 1 rue boulevard d’Arcole), aux scènes quotidiennes (la bien nommée cité Madrid)…

Les mouvances socialistes et anarchistes y sont mieux représentées, au détriment du parti communiste (l’apport des guérilleros et la création de l’Hôpital Varsovie sont évoqués). En effet, les cadres du PCE s’installèrent plutôt à Paris et plongèrent dans la clandestinité dès 1950 après l’opération Boléro-Paprika de la police française lors de son interdiction. Le PSOE put compter sur l’objectif enthousiaste et militant d’Enrique Tapia alors que les libertaires, plus nombreux, ne préoccupaient de culture avec des troupes de théâtre et l’Ateneo, une magnifique tentative pour apporter la connaissance et rompre les barrières. Seuls les communistes en étaient exclues, survivance des fractures de la guerre civile.

La qualité de la muséographie et des sources provoque l’envie d’en savoir davantage. Le reste est à rechercher dans les livres d’histoire, la littérature spécialisée, tant cette thématique est complexe et foisonnante.

2e congrès de l’UGT España (pro-communiste) à Toulouse, à la Bourse du Travail, place Saint-Sernin, du 9 au 12 mai 1946, avec son décorum soviétique. Photo DR/Fundación Pablo Iglesias.

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