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IIe République espagnole : 1931-2011 : 80 ans après, modernité et faiblesses d’une expérience démocratique unique

Du 11 avril au 16 avril, Toulouse, capitale de l’Exil républicain espagnol, met à l’honneur l’héritage de la IIe République espagnole, proclamée il y a 80 ans. Nous revenons sur l’importance, à nos yeux, d’évoquer l’œuvre, même inachevée et incomplète, de la IIe République.

Le 14 avril 1931, deux jours après la victoire d’une coalition républicaine aux élections municipales, la IIe République espagnole est proclamée en Espagne.

Le peuple en liesse manifeste sa joie dans toutes les villes du pays exprimant ainsi l’immense espoir dans l’avènement d’une démocratie qui mette un terme aux décennies d’obscurantisme et d’oppression qu’il subit. Il exigera rapidement que cet espoir trouve une traduction au travers de mesures sociales, politiques et économiques.

Dans un premier temps la República tente de répondre à cette soif de justice et de liberté en proposant un programme ambitieux de réformes : la séparation de l’Église et de l’État, la réforme agraire, le monocaméralisme, la réorganisation de l’armée, l’effort considérable sur l’éducation (40 % d’analphabètes en 1930), le statut d’autonomie des régions, le droit de vote des femmes…

Le chômage qui s’accroît dans un monde en crise, la misère qui persiste, la radicalisation des luttes sociales devant les injustices qui perdurent et les dissensions au sein des coalitions de gauche voient le retour des droites au pouvoir en 1933. C’est le Bienio negro avec comme programme la volonté d’annuler les réformes laborieusement entamées.

Les grèves et les conflits sociaux vont alors se succéder pour atteindre un paroxysme avec la répression sanglante de la révolte des mineurs d’Asturies en 1934 (2 000 morts, 20 000 prisonniers).

Entre une droite, soutenue par l’oligarchie terrienne et l’Église revancharde et ultra conservatrice, qui se radicalise et fait planer la menace d’un coup d’État,  et les puissantes organisations ouvrières (CNT et UGT) qui s’inscrivent de plus en plus clairement dans une démarche révolutionnaire, l’affrontement paraît inévitable.

Le 18 juillet, cinq mois après la victoire du Front populaire aux élections de février 1936, les forces armées déclenchent le coup d’État qui ensanglantera l’Espagne, abolira la légitimité de la République et fera peser durant plus de trois décennies, une chape de plomb fasciste tolérée par toutes les démocraties occidentales.

Ces journées, en retraçant quelques étapes essentielles de cette brève et très riche parenthèse républicaine, s’inscrivent dans une volonté d’en faire percevoir la modernité sans en occulter les faiblesses. Elles se veulent travail de mémoire pour apprendre à lire le passé et ouvrir l’avenir.

Elles sont un hommage à tous ces hommes et toutes ces femmes antifascistes, combattants de la liberté, morts ou exilés de l’intérieur et de l’extérieur, et à toutes les victimes de la répression franquiste. Mais surtout, elles souhaitent être une pierre dans la lutte qu’avec d’autres nous poursuivons, pour exiger réparation, justice, vérité et le rétablissement de la légalité républicaine.

Photo 14 avril 1931, la IIe République espagnole est proclamée dans la liesse populaire chez les partisans des partis républicains ayant remporté les élections municipales dans la majorité des grandes villes d’Espagne.

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