Femmes : répressions autres que l’emprisonnement

En 1930 les statistiques officielles enregistrent un pourcentage de 9,1% de femmes qui travaillent excluant les travaux des champs, les tâches domestiques, les bonnes et les nurses, et bien évidemment le travail au foyer.

Mais les mentalités sont, quant à elles, longues à évoluer !

Juste quelques exemples : si elle est mariée, la femme doit obtenir le consentement du mari pour signer un contrat de travail, aux premières sur 470 députés seulement 3 femmes seront élues ! Et 5 pour la période 33-36  et les quelques mois de front populaire. Enfin si la constitution adoptée le 9 décembre 1931 et son article 3 donne aux femmes le droit de vote le décompte des voix est intéressant à analyser :

Manuel Azaña, qui dirigera le gouvernement de 31 à 33 puis celui du front populaire en 36 avant de devenir président en mai de la même année note dans ses mémoires « Eso de que la Nelken opina algo de política me saca de quicio » [Que Nelken (une des 3 premières élues en 31) émette des idées politiques me met hors de moi].

Avec la victoire des le retour en arrière sera brutal, violent, et durera plus de 40 ans.

“Nous sommes décidés à appliquer la avec une fermeté inexorable : Morón, Utrera, Puente Genil, Castro del Río, préparez des sépultures ! Je vous autorise à tuer comme un chien quiconque osera vous affronter ; si vous le faites ainsi, vous serez exempts de toute responsabilité. On a envoyé à El Arahal une colonne formée par des éléments de la Légion et des Regulares, qui ont fait là-bas une razzia épouvantable ».

« Que ferai-je ? Imposer un châtiment très dur pour faire taire ces idiots de congénères de Azaña. Pour cela, je donne le droit à tous les citoyens qui tomberaient sur un de ces sujets, de le faire taire d’un coup de fusil. Ou bien qu’il me l’amène, c’est moi qui m’en chargerai ».

« Nos valeureux Légionnaires et Regulares ont appris à ces lâches de rouges ce que veut dire être un homme. Et, au passage aussi à leurs femmes. Après tout, ces femmes communistes et anarchistes le méritent bien, n’ont-elles pas joué à l’amour libre ? Maintenant au moins, elles sauront ce que sont les vrais hommes et non pas ces tapettes de miliciens. Elles auront beau se démener et trépigner, elles n’y échapperont pas”.

« Ils vont connaître mon système: pour chaque homme d’ordre qui tombe, je tuerai dix extrémistes au moins, et les dirigeants qui fuient ne doivent pas croire qu’ils vont échapper de cette façon : je les sortirai de sous la terre s’il le faut et s’ils sont morts, je les tuerai à nouveau ».

Extraits des discours radiophoniques du général Gonzalo Queipo de Llano en 1936.

“Il n’y a pas d’autre chemin que de mener les choses jusqu’à leur terme, jusqu’à l’écrasement de l’adversaire; Parlementer? Jamais! Cette guerre doit se terminer avec l’extermination des ennemis de l’Espagne”; “A cette étape de la guerre, j’ai décidé qu’elle sera quant à moi, sans merci”(…)

“Il faut semer la terreur… il faut inspirer le sentiment de domination en éliminant sans scrupules et sans trembler ceux qui ne pensent pas comme nous”.

“Notre guerre n’est pas une guerre , une guerre de pronunciamiento, mais une Croisade des hommes qui croient en Dieu, qui croient en l’âme humaine, qui croient au bien, à l’idéal, au sacrifice, qui lutte contre les hommes sans foi, sans morale, sans noblesse… Oui, notre guerre est une guerre religieuse. Nous, tous ceux qui combattons, chrétiens, musulmans, sommes des soldats de Dieu et nous ne luttons pas contre d’autres hommes mais contre l’athéisme et le matérialisme, contre tout ce qui abaisse la dignité humaine que nous voulons élever, purifier et ennoblir…”

Extraits des discours radiophoniques du général Emiliano Mola.

,

Pour préciser autrement les choses, la spécificité de la répression des femmes a revêtu un double caractère, politique et de genre.

Accusées en outre de « morale douteuse » elles étaient assimilées aux prostituées.

Elles étaient alors arrêtées, enfermées, battues voire torturées et souvent violées.

On les obligeait à laver les rues des villages en utilisant  par contre un drapeau de la , nettoyer les églises ou la caserne de la garde civile.

On voit à travers ces témoignages que si le viol révolte, la tonte abat.

La vengeance devient honte et la proximité sonore des mots espagnols semble être là pour le dire : de la venganza a la vergüenza (de la vengeance à la honte).

En effet de nombreuses femmes enceintes ou ayant des enfants en bas âge ont été incarcérées dans les conditions épouvantables qui étaient celles du premier jusqu’au début des années cinquante.

La répression sur les femmes de prisonniers.

Epuration professionnelle.

« Las mujeres, cuando no saben guardar su castidad, merecen tanto mal, que no es bastante el precio de la vida para pagarlo ». (Les femmes quand elles ne savent pas garder leur chasteté, méritent une telle punition, que le prix de la vie ne suffit pas à le payer)…

Bien évidemment si la virginité est la condition la plus parfaite de la féminité, le mariage est toute fois le but de toute bonne chrétienne et indispensable à son destin de mère.

Fray Luis de León complète le tableau de références idéologico- du franquisme dans un livre « la perfecta casada » (la parfaite épouse) qui date de 1583 et deviendra le cadeau de mariage traditionnel pour les jeunes filles de la classe moyenne sous .

« Porque, así como la naturaleza… hizo a las mujeres para que, encerradas, guarden la casa, así les obligo a que cerrasen la boca » (« Car, comme la nature a fait les femmes pour que, enfermées, elles gardent la maison, elle les obligea de la même façon à fermer leur bouche »)

« Las leyes son como las mujeres, están para violarlas »

Fernando Hernández Holgado et Coralie Razous

Articles contenant des mots-clés en relation

Author: IRIS - Mémoires d'Espagne

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.