Femmes : répression et luttes pendant la guerre d’Espagne et sous le franquisme : introduction

Fernando Hernández Holgado, Domingo Fernandez et Jordi Guixé

Fernando Hernández , Domingo Fernandez et Jordi Guixé

Même si depuis quelques années un important travail a été réalisé par les historiens, souvent les historiennes, les chercheurs, voire les romanciers qui sont nombreux à avoir intégré dans leurs fictions des éléments historiques pour en faire la toile de fond de leur  récits, force est de constater que la violence politique exercée contre les femmes pendant la et durant toute la durée du franquisme a été trop longtemps oubliée ou reléguée au second plan  et dans tous les cas bien moins prise en compte que celle subie par les hommes.
Elle a par conséquent eu bien moins de visibilité dans toute l’historiographie pourtant extrêmement importante publiée sur cette période.
Les causes en sont multiples et nous ne les développerons pas durant ces journées, toutefois nous pouvons relever quelques raisons objectives qui ont rendu difficile l’exploration de la violence faite aux femmes :
L’absence de sources due à l’impossibilité durant des années d’accéder aux archives s et dans de nombreux cas la disparition de nombreuses archives pour effacer vers la fin de la dictature les traces des abominations commises
La moindre participation des femmes dans la ou dans les maquis
Le silence observé par les femmes elles mêmes sur les violences, et humiliations clairement sexuées dont elles ont été victimes au fur et à mesure de l’avancée des troupes et longtemps après leur victoire, et le fait que l’immense majorité de ce type d’exactions n’était répertorié nulle part.. .

Depuis, surtout les années 2000, de nombreuses publications sur le thème ont vu le jour et des colloques, congrès ou conférences, ont été organisés. Il faut mettre en exergue le travail de 2 pionnières (membres du PCE ou de la JSU) victimes elles même de cette et qui sont parmi les premières à raconter les conditions de vie… et de mort dans les prisons de femmes.
Tomasa Cuevas qui à recueilli dans « Cárcel de  » (1939-1945) en1985) les témoignages de nombreuses femmes qui avaient été incarcérées avec elle, et Juana Doña 20 ans de prison après avoir été condamnée à mort et qui a écrit en 1978 « Desde la noche y la niebla ( en las cárceles franquistas) ».

Il ne s’agit pas pour nous de comparer, que ce soit quantitativement ou qualitativement la exercée sur les femmes et celle subie par les hommes et à fortiori d’établir une quelconque hiérarchie entre les deux. Le sens de notre démarche au cours de ces journées sera d’essayer d’en montrer la spécificité et principalement le fait qu’elles furent l’objet d’une double : politique et de genre. Nous verrons en effet comment elles n’ont pas seulement perdu les récemment acquis durant le court épisode républicain, mais qu’elles ont été ensuite exclues d’une véritable citoyenneté civile et sociale par un enfermement domestique sous la tutelle de l’homme.
A ce propos il nous avait semblé pertinent d’inclure dans les interventions de ces journées une analyse qui adopterait une perspective de genre au travers d’approches sociologiques, anthropologiques voire psychanalytiques, mais les différentes personnes sollicitées ont décliné l’invitation par manque de disponibilité.
Nous essayerons cependant – et très modestement – d’introduire quelques éléments et éclairages de cette problématique en parlant des différents aspects qu’a pu prendre cette .L'exposition sur la prison de Les Corts de Barcelone

Vous avez déjà pu voir l’ sur une des formes de cette ,  certainement une des plus « visibles » et par la même beaucoup étudiée : la prison.

Fernando Hernández qui a d’ailleurs lui aussi participé à ce travail, et au réalisé à cette occasion, élargira le thème des prisons de femmes centrant son intervention sur « Les prisons de femmes durant le premier franquisme-1939/1945 ».

 

Nous aurons ensuite demain, deux interventions présentées par notre association:
La première tentera de présenter succinctement un aperçu de cette spécificité des violences faites aux femmes, en dehors de la prison elle-même, en amont de celle-ci, dans les villes ou villages conquis par les troupes au fur et à mesure de leur avancée, soit après l’incarcération.
La seconde, également à notre charge, dressera un panorama du formidable bond en arrière imposé aux femmes dans leur vie quotidienne pendant la dictature et dont la phalange et l’église ont été « le bras armé ».

Nous vous proposerons à la suite une petite collation dans la salle du haut avant de redescendre pour la dernière intervention.
Nous comptions sur la présence de l’historienne Dolors Marín pour nous parler de la lutte des femmes, dont elle est spécialiste, durant toute cette période et terminer ainsi sur une note plus positive et combative. Hélas Dolors, victime d’un accident qui lui interdit de se déplacer, a dû renoncer à son voyage depuis Mallorca. Elle nous à fait parvenir toutefois son écrit que nous lirons.

Pour illustrer ce dernier thème nous projetterons un court-métrage d’Amanda Castro, « A golpe de tacón » qui retrace le combat de femmes dans la « cuenca minera » le bassin minier des pendant les années 60.

Enfin un petit récital du groupe « Les croques notes » clôturera ces journées.

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Author: IRIS - Mémoires d'Espagne

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