AQUA : le gouvernement espagnol protège les accusés de crimes contre l’humanité

Devant une fosse commune de de la répression franquiste,

image tirée du film « 70 ans de silence » d’Emile Navarro

 

Note émise par la nationale d’appui AQUA à la plainte suite à la résolution adoptée le 13 mars 2015 par le Conseil des Ministres Espagnol et sa réponse négative à la demande d’extradition formulée par les autorités judiciaires s des personnes accusées de crimes contre l’humanité commis pendant la franquiste. 

Texte en français traduit de l’espagnol par IRIS s d’Espagne.

Le Conseil des Ministres, dans sa réunion du 13 mars 2015, a résolu de refuser la demande d’extradition formulée par les autorités judiciaires s, de vingt personnes – trois d’entre elles décédées récemment- accusées de crimes contre l’humanité commis pendant la franquiste et poursuivies en vertu du principe de justice universelle. Parmi ces accusés se trouvent plusieurs ministres franquistes.

Le Ministre de la Justice, dans la de presse qui a suivi la réunion du Conseil des Ministres, a déclaré que le refus des demandes d’extradition est fondé sur trois principes :

1.- Le principe de territorialité, c’est-à-dire ces délits ayant été commis par des Espagnols sur le territoire espagnol, les tribunaux espagnols sont compétents pour enquêter et engager des poursuites pour ces dits-crimes.

2.- Le principe d’extinction de la responsabilité criminelle (prescription) puisque plus de quinze années se sont écoulées depuis que les crimes imputés furent commis

3.- Le principe de la « non double incrimination », c’est-à-dire que selon le Code Pénal espagnol, au moment où les dits-crimes furent commis, le fait de valider et ratifier la condamnation à mort d’un inculpé ne constituait pas un délit.

Une fois de plus, nous nous retrouvons avec une résolution dans ce cas dictée par le Conseil des Ministres du Gouvernement Espagnol qui viole gravement le Droit International des Droits Humains, alors qu’il a un caractère obligatoire pour l’Etat Espagnol dès lors qu’il a été incorporé à notre propre ordonnancement juridique ex-article 96 de la Constitution Espagnole, et donc :

a) Il n’existe pas une prééminence de compétence de la part des cours et tribunaux espagnols pour l’investigation et la poursuite des dits-crimes, car en vertu du principe de justice universelle, n’importe quel de n’importe quel pays, et dans ce cas celui de l’, est compétent pour cela.

b) Les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles.

c)  Le principe de légalité internationale, reconnu dans une multitude de Conventions et de Traités internationaux – à titre d’exemple, nous citerons l’article 15.2 du Pacte International des Droits Civils et Politiques- oblige l’Etat Espagnol à enquêter sur et engager des poursuites pour des crimes qui, bien qu’ils n’aient pas constitué des délits dans sa propre réglementation interne, seraient considérés comme tels en vertu des principes généraux du droit reconnus par la communauté internationale, comme c’est le cas ici.

A ce sujet, nous nous voyons obligés de rappeler que les condamnations à mort signées par les ministres franquistes se sont produites après la tenue de « simulacres de procès », dépourvus de quelque garantie procédurale que ce soit pour les qui se retrouvaient absolument sans défense, et dont les sentences ont de plus été déclarées illégitimes par la Loi de Historique.

Malheureusement nous constatons une fois de plus le mépris absolu de l’État espagnol pour les droits incontestables des du : , justice et réparation, ce qui convertit l’Espagne en un pays refuge protégeant des personnes accusées de crimes contre l’humanité.

Malgré les obstacles,  nous les des graves violations des droits humains commis durant la franquiste, ne cesserons de revendiquer les droits qui, par ailleurs, nous ont déjà été reconnus à maintes occasions par le Conseil Des Droits Humains des Nations Unies.

Ce revers nous motive encore plus si possible pour en terminer avec l’impunité des crimes franquistes et ainsi, nous demanderons à la justice de nouvelles imputations et que les dépositions des criminels soient reçues au travers des commissions rogatoires correspondantes. Nous continuerons à déposer des plaintes encore et encore.

Pour finir, deux autres points:

1) Les mandats d’arrêt prononcés par la justice contre les accusés sont toujours valides et ces personnes pourront être arrêtées hors du territoire espagnol.

2) Nous espérons que dans un avenir proche, le nouveau Gouvernement de l’Etat espagnol sera sensible à cette cause et reconnaîtra pleinement les droits incontestables des du .

Image d’un des innombrables disparus (150 000 estime-t-on), côté républicain, gisant quelque part dans une fosse commune. Il s’agit d’Antoni Benaiges, dont le souvenir affleure à l’occasion de la réouverture de la fosse de Bañuelos de Bureba. Malgré les recherches, son corps n’a pas été retrouvé ou identifié. ©Photos Sergi Bernal

 

 

 

Vue plongeante de la fosse commune de Bañuelos de Bureba (Burgos) ouverte en 2010, avec son ossuaire. D’autres fosses du même type existent près de cette localité, mais n’ont pas été fouillées ou exhumées. On estime qu’au moins 2 000 fosses parsèment le territoire espagnol. Aussi, il est urgent d’offrir aux familles et descendants de une sépulture digne. ©Photos Sergi Bernal

 

EL GOBIERNO ESPAÑOL PROTEGE Y AMPARA A LOS IMPUTADOS POR CRÍMENES CONTRA LA HUMANIDAD

NOTA QUE EMITE LA COORDINADORA ESTATAL DE APOYO A LA QUERELLA ARGENTINA EN RELACIÓN CON EL ACUERDO ADOPTADO EL 13 DE MARZO DE 2015 POR EL CONSEJO DE MINISTROS, EN RELACIÓN CON LA DENEGACIÓN DE LA EXTRADICIÓN INTERESADA POR LAS AUTORIDADES JUDICIALES ARGENTINAS DE LOS IMPUTADOS POR CRÍMENES CONTRA LA HUMANIDAD COMETIDOS DURANTE LA DICTADURA FRANQUISTA.

En el Consejo de Ministros celebrado el día 13 de marzo de 2015 se ha acordado denegar la solicitud de extradición formulada por las autoridades judiciales argentinas, de veinte personas –tres de ellas fallecidas recientemente- acusadas de crímenes contra la humanidad cometidos durante la dictadura franquista, perseguibles en virtud del principio de justicia universal. Entre los imputados se encuentran varios ministros franquistas.

El Ministro de Justicia, en la rueda de prensa celebrada con posterioridad a la reunión del Consejo de Ministros, ha manifestado que la denegación de las solicitudes de extradición se fundamenta en:

1.- El principio de territorialidad, esto es, que al ser delitos cometidos por es en territorio , la competencia para la investigación y enjuiciamiento de dichos crímenes corresponde a los es es.

2.- Principio de extinción de la responsabilidad criminal (prescripción), al haber transcurrido más de quince años desde que se cometieron los delitos imputados.

3.- Principio de la no doble incriminación, esto es, que en el momento en que se cometieron dichos crímenes en el Código Penal no estaba tipificado como delito convalidar y ratificar una condena a muerte de un reo.

Una vez más nos encontramos con una resolución, en este caso, dictada por el Consejo de Ministros del Gobierno de que violenta gravemente el Derecho Internacional de los Derechos Humanos, de carácter imperativo para el Estado al haberse incorporado a nuestro propio ordenamiento jurídico ex artículo 96 de la Constitución a, y así:

a)    No existe una competencia preeminente por parte de los Juzgados y es es para la investigación y enjuiciamiento de dichos crímenes, pues en virtud del principio de justicia universal, cualquier de cualquier país, y en este caso concreto el de Argentina, tiene competencia para ello.

Pero además, debemos recordar que en nuestro país, actualmente, no se están investigando ni enjuiciando los crímenes contra la humanidad cometidos durante la dictadura franquista.

b)    Los crímenes contra la humanidad son imprescriptibles.

c)    El principio de legalidad internacional, consagrado en multitud de Tratados y Convenios internacionales –a título de ejemplo citaremos el artículo 15.2 del Pacto Internacional de Derechos Civiles y Políticos- obliga al Estado a investigar y enjuiciar crímenes  que, aunque no estuvieran tipificados como tales en su propia normativa interna, tendrían tal consideración en virtud de los principios generales del derecho reconocidos por la comunidad internacional, tal y como acontece en este caso.

Nos vemos obligados a recordar en este sentido que las condenas a muerte firmadas por los ministros franquistas se produjeron después de haberse celebrado “juicios farsa”, carentes de cualquier tipo de garantía procesal para las víctimas, generadores de absoluta indefensión y cuyas sentencias han sido además declaradas ilegítimas por la Ley de Memoria Histórica.

Lamentablemente constatamos una vez más el absoluto desprecio del Estado hacia los derechos que asisten a las víctimas del franquismo: verdad, justicia y reparación, convirtiendo a en un país que refugia y ampara a personas acusadas de crímenes contra la humanidad.

Las víctimas de graves violaciones de derechos humanos cometidos durante la dictadura franquista, a pesar de los obstáculos, no dejaremos de reivindicar los derechos que, por otra parte, ya nos han sido reconocidos en reiteradas ocasiones por el Consejo de Derechos Humanos de Naciones Unidas.

Este revés nos motiva aun más si cabe para terminar con la impunidad de los crímenes franquistas y así, se pedirá a la justicia argentina nuevas imputaciones y que se tome declaración a los victimarios a través de las correspondientes comisiones rogatorias. También seguiremos presentando denuncias y querellas.

Por último dos cuestiones más: 1) Las órdenes de detención cursadas por la justicia argentina contra los imputados continúan vigentes y podrán ser arrestados fuera del territorio ; 2) esperamos que en un futuro cercano el nuevo Gobierno del Estado sea sensible y reconozca plenamente los derechos que asisten a las víctimas del franquismo.

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Author: IRIS - Mémoires d'Espagne

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