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Dominique et Carmela après leurs exposés

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Une image du diaporama présenté en illustration

du rôle auquel l'idéologie franquiste voulait confiner

les femmes mariées.

Femmes sous le franquisme : les acquis perdus.

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Le site de l’association IRIS pour la mémoire historique du camp républicain espagnol

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Cet exposé ne prétend pas être exhaustif sur le statut de la femme sous le franquisme et il ne s’agit pas non plus de comparer cette situation avec celles d’autres pays européens à la même époque, mais son but est de montrer avec quelques exemples, le bond en arrière qu’a supposé cette période (qui s’étend on va dire, de 1939 à 1975) pour la femme espagnole si on compare avec la période de la deuxième République du 14 avril 1931 à fin mars 1939.

Comme on l’a vu les femmes républicaines ont subi la répression que les hommes républicains ont enduré mais il y a eu contre toutes les femmes une répression supplémentaire parce qu’elles représentaient un certain nombre de « dangers » pour l’ordre nouvellement rétabli sur le plan moral, religieux et sociétal.

Cet ordre est fondé sur trois piliers :

- le traditionalisme et donc la défense de la grandeur de l’Espagne, des coutumes, des privilèges et des centres de pouvoir ;

- l’idéal catholique dans sa composante de discipline, d’austérité, d’abnégation, de soumission et de résignation ;

- l’adaptation hispanique du fascisme avec son culte de la famille et son anti-intellectualisme.

Ce qui implique donc que les femmes vont voir à nouveau leur rôle limité à la sphère domestique presque exclusivement, elles devront pour la plupart se contenter d’être des femmes au foyer, épouses obéissantes et mères dévouées à la noble tâche d’élever les  nouveaux fils de la Patrie dans une société machiste qui assoit la domination des hommes quel que soit leur comportement.

Ce nouveau statut sera à l’évidence ressenti différemment selon que les femmes adhéraient aux idées du nouveau régime ou y étaient opposées.

Les acquis importants gagnés pendant la République vont en effet être remis en question et ceci va se faire de plusieurs manières.

1)      Par l’école

2)      Par les nouvelles lois

3)      Par l’Eglise catholique,  mais tout cela se recoupe.

 

Dès 1938, donc pendant la guerre, sont publiées par l’Etat franquiste pour les régions qu’il contrôle, les premières lois de réforme de l’enseignement secondaire. On peut les trouver dans les Bulletins Officiels de l’Etat que les nationalistes publient sous ce nom à partir du 2 octobre 1936 et jusqu’à aujourd’hui.

(Pour information, le gouvernement de la République publiera ses lois, décrets et ordonnances dans « La gazeta de la república » jusqu’au 28 mars 1939).

La constitution de la Seconde République de décembre 1931 avait établi la séparation de l’Eglise et de l’Etat et plus précisément dans le Chapitre II « Famille, Economie, Culture », l’article 43 définissait l’école comme unique, laïque, mixte, gratuite et obligatoire en Primaire et au-delà pour les élèves qui ont des capacités.

Les lois de mars 1933 interdisaient aux Congrégations religieuses d'enseigner, notamment aux jésuites, qui traditionnellement avaient en charge l'éducation des jeunes filles.                                      

Les ordonnances franquistes de 1938 représentent un véritable  retour en arrière pour l’éducation nationale qui doit avant tout être catholique et patriotique. Et l’enseignement est à nouveau remis entre les mains du clergé et des congrégations religieuses.

Il va sans dire qu’à partir de 1938, les cours de religion reviennent en force dans l’emploi du temps de tous les élèves, alors que leur caractère non-obligatoire avait été décrété dès le 6 mai 1931 par le directeur général de l’enseignement primaire Rodolfo Llopis.

Une grande épuration est faite au niveau des enseignants et enseignantes auxquels on va demander un certificat attestant une ferme adhésion aux principes de l’Etat qui sont ceux de la Phalange, aux enseignantes femmes d’être affiliée à la Section Féminine de la Phalange.

Les manuels scolaires sont eux aussi épurés par des commissions qui dicteront les ouvrages autorisés et toute l’œuvre émancipatrice entamée par la République sera balayée.  

Dans l’idéologie franquiste, la femme est perçue comme un être inférieur à l’homme, tant au niveau spirituel qu’intellectuel et les filles et les garçons ne peuvent donc pas fréquenter les mêmes écoles.

Selon Antonio Vallejo-Nájera, le célèbre médecin, chef des services psychiatriques de l’armée franquiste, “l’intelligence de la femme s’atrophie comme les ailes des papillons de l’île de Kerguelen, car sa mission dans le monde n’est pas de lutter dans la vie mais de bercer la descendance de ceux qui doivent lutter pour elle ».

L’éducation mixte avait été décrétée en Espagne dès le 28 août 1931 par la Seconde république et elle était inspirée par les idées d’égalité entre sexes défendues par la Institución Libre de Enseñanza l’Institution Libre d’Enseignement, et tout le mouvement de l’école rationaliste du début du 20ème siècle.

Cette coéducation, qui avait d’ailleurs déjà été remise en question en 1933 par le gouvernement de droite, sera totalement abandonnée par le nouveau régime qui va non seulement séparer les filles et les garçons dans des écoles différentes (et ce jusqu’en 1970) mais aussi leur proposer des matières différenciées. Par exemple, tous doivent suivre des cours sur la Formation de l’Esprit National mais pour les filles ce seront des cours relatifs aux tâches ménagères, l’entretien de la maison, la préparation des repas, l’éducation des enfants, et pour les garçons des contenus plus politiques ; les garçons reçoivent en éducation physique une sorte de formation prémilitaire alors que l’exercice physique des filles vise une bonne santé pour affronter les futures maternités.

Il faut bien sûr faire la distinction entre classes aisées et classes défavorisées car il existait en plus « la double voie » (baccalauréat pour les élites et une voie moins noble pour les autres). En tout état de cause,  les objectifs sont différents, on n’attend pas des filles qu’elles poursuivent leur scolarité au-delà de l’âge obligatoire (12 ans en moyenne). 

D’ailleurs, les jeunes filles acquièrent la majorité à 23 ans (les garçons à 21) mais ne peuvent quitter le foyer familial sans l’autorisation de leur père avant l’âge de 25 ans si ce n’est pour se marier ou rentrer dans les ordres.

Le nouvel état dessine donc une nouvelle femme : c’est l’idéal de la femme domestique, enfermée dans son foyer, loin des idées subversives qui auraient pu lui donner des ailes et développer un esprit critique.

D’ailleurs l’article 57 du code civil de 1889 (dénommé à l’origine “idéologie domestique“) renforce l’autorité parentale et maritale en stipulant que “ le mari doit protéger sa femme et celle ci doit lui obéir”.

Sur le terrain moral et spirituel, la réorganisation de l’ « Action catholique » contribua à cette tâche de reprise en mains.

Les préceptes de la hiérarchie ecclésiastique s’étendaient même à la façon de s’habiller : les femmes devaient être convenablement vêtues, c’est-à-dire avec des manches longues ou au coude, sans décolleté, avec des jupes amples qui ne soulignent pas les détails du corps ni n’attirent trop les regards. Les vêtements ne pouvaient être courts et encore moins transparents.

Les jeunes filles ne sont pas censées sortir seules ni accompagnées d’hommes qui ne soient pas de la famille. Etc…

La branche féminine de la Phalange Espagnole va être chargée de promouvoir cette figure de  femme tout entière consacrée à la construction de la nouvelle Nation. Cette « Section Féminine » (dont on a déjà parlé plus haut) est née en 1934 et elle sera dirigée depuis ses débuts jusqu’à sa dissolution en 1977, par Pilar Primo de Rivera, sœur de José Antonio, le fondateur du parti. (en 1937: FET de la JONS = Falange española tradicionalista y de las Juntas de Ofensiva Nacional Sindicalista)

A partir des années 40, toutes les femmes espagnoles célibataires, entre 17 et 35 ans, devront passer par la  Sección Femenina, et réaliser un minimum de six mois de Service Social (le pendant du service militaire des garçons) auprès du Secours Social ou dans d’autres sphères comme les hôpitaux, les écoles, les cantines scolaires ou les bibliothèques, à domicile. Travail non rémunéré bien sûr. Le certificat délivré à la fin de ce service fut  exigé par la suite pour l’obtention du passeport, du permis de conduire, etc.

Pour illustrer ce nouveau rôle attribué à la femme mariée, voici quelques diapos des feuillets que la Section Féminine éditait dans les années 50 pour éduquer les femmes.

Voir les règles du « Guide de la bonne épouse »...

Ne sont pas explicites ici, à l’évidence, les recommandations à propos des relations intimes, mais elles sont cependant écrites dans les livrets décrivant le comportement social qu’on attend de cette « nouvelle femme ». Jusqu’où n’allait-on pas !

Les femmes qui avaient obtenu avec la Constitution de la deuxième république en 1931 l’égalité juridique avec les hommes, revenaient donc sous la tutelle du père ou du mari.

Il faut cependant concéder que cette proclamation par la Constitution de 1931 de l’égalité juridique, n’a pas toujours été suivie de l’adoption de lois qui auraient pu la mettre en pratique dans tous les domaines, vu le temps très court dans l’histoire, de cette période démocratique.

Dans le domaine d’acquis perdus pendant le franquisme, le droit de vote pour les femmes, institué dès 1933 est aboli et a fortiori la possibilité d’être éligible à des fonctions de représentation. Rappelons qu’au cours de la Seconde République, neuf femmes furent élues députées et certaines d’entre elles -Clara Campoamor, Victoria Kent ou Margarita Nelken- eurent un rôle très actif au sein du Parlement.

Citons aussi par exemple María Dominguez, la première femme maire de la seconde république désignée en juillet 1932 à Gallur (Zaragoza) par le gouverneur civil, mais surtout Natividad Yarza Planas qui fut la première à être élue à cette charge le 14 janvier 1934 dans la localité de Bellprat (Barcelone).

Le poids de l’Eglise se fait sentir à nouveau fortement, les mariages civils sont abolis  en 1938 ou tout au moins restreints en 1941 aux personnes qui pourraient montrer des documents prouvant qu’elles n’étaient pas catholiques ou qu’elles déclareraient sous serment ne pas avoir été baptisées dans l’Eglise Catholique.

 Le droit au divorce, et en particulier au divorce par consentement mutuel, qui avait été établi par la loi du 2 mars 1932, est également aboli mais il faut ajouter que la loi du 23 septembre 1939 relative au divorce annule tous ceux qui avaient été prononcés entre 1932 et 1939, provoquant des situations plutôt inextricables. Seule, la séparation est possible.

On peut dire que ceci concerne aussi bien les hommes que les femmes mais cela va quand-même peser davantage sur ces dernières, en voici un exemple :

Le Code Pénal de la République avait supprimé le délit d’adultère. L’adultère redevient un délit, puni différemment selon qu’il est commis par un homme ou une femme.

La femme mariée, encourt de six mois et un jour à six ans de prison dès la première infidélité ; mais cela est même le cas pour la femme « séparée », même si c’est par décision de son mari car les liens du mariage n’étant pas considérés rompus, elle lui doit encore fidélité.

L’homme marié, quant à lui, ne sera sanctionné par de la prison qu’en cas d’union libre notoire, autrement dit si ses relations extraconjugales font scandale.

Plus grave, la dictature réintroduit dans le Code Pénal ce qu’on appelle le « privilège de la vengeance par le sang », reconnu aux maris trompés mais aussi aux pères et ce droit ne sera aboli qu’en 1963.

La société exigeait des femmes mariées la fidélité et des filles célibataires la chasteté.

Les relations pré maritales étaient très mal vues et quand le couple voulait régulariser la situation, il ne pouvait le faire que dans la sacristie, avec peu de témoins et hors des horaires d’affluence. Bien sûr, la femme « pécheresse » n’avait pas le droit de porter la traditionnelle robe blanche. A moins que la famille n’ait les moyens de pression suffisants.

L’emprise de l’Eglise Catholique se fait donc sentir dans tous les domaines, familial et sociétal, dans les villes comme dans les petits villages où le qu’en dira-t-on est une arme de dissuasion.

Mais souvent avec une grande hypocrisie.

Dans les années 40, on voit prospérer la prostitution (qui avait été déclarée illégale sous la république en 1935). Légale à nouveau ou clandestine, elle sert de soupape pour une société moralement et sexuellement réprimée, et en même temps, des efforts sont faits pour remettre sur le droit chemin « ces femmes perdues » las mujeres caídas qui n’avaient pour beaucoup pas eu d’autre choix, soit chassées par leur famille, soit exclues et montrées du doigt parce que « rouges ».

Le régime avait créé dès 1941 des institutions pour les recueillir comme des Prisons spéciales et en 1942, présidé par Carmen Polo de Franco, l’épouse du dictateur, le Patronato de Protección a la Mujer, Centre de Protection de la Femme, afin de les rééduquer conformément aux enseignements de la religion catholique.

Sous l’égide de la Commission épiscopale d’orthodoxie et de moralité, ce centre se chargea d’étendre ce contrôle de moralité aux cinémas (jamais sans chaperon !), aux piscines (maillots de bain avec jupette pour nager et peignoir hors de l’eau !), aux salles de bal (pas de danse joue contre joue !) avec l’objectif de nettoyer l’espace public de quelque expression de « pornographie », de nudisme et de promiscuité que ce soit qui pouvait être une atteinte à la moralité catholique mais aussi considéré comme un exotisme antiespagnol.

On doit rappeler ici la liberté sexuelle qui avait prévalu dans les milieux progressistes du début du siècle et en particulier dans le mouvement libertaire où l’union libre était répandue ; le naturalisme avait également progressé et des camps de nudistes avaient été ouverts dans plusieurs régions et plus particulièrement en Catalogne.

Autre retour en arrière pour les femmes, les moyens de contraception sont interdits et il n’est a fortiori plus question de droit à l’avortement jusqu’en 1985.

 Il faut signaler qu’en Catalogne (encore républicaine) un décret du 9 janvier 1937 avait autorisé l’avortement libre jusqu’à 12 semaines de grossesse ; que dans le gouvernement républicain de Largo Caballero, Federica Montseny ministre anarchiste de la Santé et Assistance Publique de novembre 1936 à mai 1937 avait établi un projet de loi pour réglementer l’interruption volontaire de grossesse, mais ceci resta en suspens à cause de l’opposition de la majorité des membres de l’exécutif. Cependant, la ministre chercha à faire appliquer le décret catalan dans les zones républicaines et réussit à initier le premier programme d’aide aux défavorisés et des mesures comme des lieux d’accueil pour les enfants et des cantines pour les femmes enceintes, même si ce fut dans un laps de temps très court.  

 Bien sûr, sous le franquisme, toutes les femmes ne restaient pas sagement à la maison et une partie d’entre elles travaillaient à l’extérieur, soit par  volonté personnelle, soit par nécessité, autorisées et souvent encouragées par les maris dont les maigres salaires ne permettaient pas de vivre correctement. 

Beaucoup de femmes ont dû travailler depuis leur plus jeune âge, en tant que domestiques, dans des ateliers de confection, des magasins, ou bien en tant que couturières à leur domicile sans oublier les milliers de femmes qui travaillaient dans les champs.

Les nouvelles dispositions du régime franquiste sur le travail de tous, sont décrétées dans le « fuero del trabajo », code du travail du 9 mars 1938 et pour ce qui concerne spécifiquement les femmes, il est dit qu’il « interdira le travail nocturne des femmes et des enfants ; il régulera le travail à domicile et libèrera la femme mariée de l’atelier et de l’usine ».

On remarquera  l’expression « libèrera la femme mariée de l’atelier et de l’usine » qui justifie de fait, sa réclusion espérée dans la sphère privée.

De manière générale, les femmes n’ont le droit de travailler que si elles sont célibataires, séparées, veuves, chef de famille par incapacité du mari ou bien si elles possèdent un titre leur permettant d’exercer une profession.

Les femmes célibataires et majeures qui exerçaient des métiers divers (ceux qui ne leur étaient pas interdits bien sûr) échappaient de ce fait à l’autorité masculine. 

C’est le paradoxe des dirigeantes de la Section Féminine, qui contrairement au modèle de femme qu’elles désiraient inculquer, étaient célibataires et occupaient un espace dans la sphère publique ; c’était un espace de liberté car elles étaient amenées à voyager et à rencontrer d’autres personnes.

Dans beaucoup de Règlementations du travail, au moment de son mariage, la femme passait en situation de congé forcé soit de manière automatique soit après une décision de l’entreprise. Dans la plupart des cas, elle recevait une indemnisation de départ pour raison de mariage, appelée « dot », avec des variables de calcul selon les lieux.

La femme est autorisée à réintégrer l’entreprise si elle se retrouve un jour chef de famille, c’est-à-dire à la mort de son mari ou si celui-ci est dans l’incapacité de travailler. Elle doit pour cela solliciter sa réintégration dans les 30 jours suivant son nouvel état.

En 1944 cependant, les femmes mariées obtiennent le droit de travailler si elles ont l’autorisation du mari ; cette nécessité d’autorisation ne sera abolie qu’en 1976.

Elles sont exclues des professions liées au droit (juges, avocats ; rappelons que Victoria Kent avait été directrice générale des prisons sous la république), exclues de la diplomatie (et je citerai l’écrivaine, actrice et féministe Isabel Oyarzábal Smith connue aussi comme Isabel de Palencia, qui avait été la première femme en Espagne à occuper un poste d’ambassadrice à l’étranger, en Suède précisément, puisqu’elle fut nommée à Stockholm par le gouvernement républicain de fin 1936 à fin 1938).

 Elles sont exclues des métiers militaires mais cela n’est pas un vrai changement par rapport au  temps de la République.  En 1941 on crée cependant le « Servicio de Damas Auxiliares de Sanidad Militar » « service d’auxiliaires féminins de santé militaire » afin de soigner les blessés et malades des guerres.

En temps de chômage général, les emplois sont de préférence donnés aux hommes, concédons que cela s’était vu aussi pendant la République particulièrement dans le domaine agricole, cette situation amenant beaucoup de femmes à rejoindre les villes pour occuper des emplois de domestiques, avec des contrats beaucoup moins protecteurs. 

Concernant le salaire des femmes, du temps de la République il faut signaler l’ordonnance ministérielle de décembre 1933 se référant à la loi du 21 novembre 1931, et qui faisait de l’égalité de rétribution entre les hommes et les femmes un principe général, même si les exceptions mentionnées en diminuaient la réalité.

Pendant le franquisme, il est très rare que le salaire des femmes soit équivalent à celui des hommes pour le même travail, il est la plupart du temps inférieur de 80 et même 70 pour cent. On trouve des exceptions par exemple pour le personnel administratif et commercial d’une industrie textile.

(Je vous entends déjà me dire que cette disparité n’est pas réglée ni en Espagne, ni ici, ni ailleurs et des études récentes nous annoncent qu’il faudra attendre encore 170  ans pour la gommer…)

La femme espagnole mariée devra obtenir l’autorisation de son mari pour accomplir tout acte juridique ou économique, tel acheter une voiture ou ouvrir un compte en banque. Elle ne pourra pas non plus voyager sur de longues distances sans le consentement  de son mari jusqu’en 1975.

 

Comme dit en préambule, cet exposé ne prétend pas à l’exhaustivité et pour conclure, il faut dire que toutes ces normes et tous ces préceptes ont toujours connu des résistances dans la société. De ce fait, ils  ont subi au fil du temps des assouplissements inévitables d’autant plus quand l’Espagne s’ouvre davantage au monde dans les années 60.

Et pour faire le lien avec les exposés suivants, je dirai que des femmes pendant la guerre d’Espagne et sous le franquisme ont lutté, ont résisté, ont revendiqué leurs droits, se sont engagées pour la démocratie, pour la liberté de tous, avec des armes ou par d’autres moyens, parfois au péril de leur vie mais également avec le concours des hommes.

Vous me permettrez d’ajouter que si, à nouveau, elles ont retrouvé les mêmes droits que les hommes, elles doivent là-bas, comme ici et ailleurs, continuer à être vigilantes pour contrecarrer toute tentation ou tentative de remise en cause de leurs acquis.

Notre association

IRIS-Mémoires d’Espagne a été créée à TOULOUSE en 1996. IRIS signifiait au départ Itinéraires Recherches Initiatives du Sud. C'est aussi un papillon évoqué dans La Langue des Papillons, le superbe film de José Luis Cuerda (1999). Désormais, l'association travaille, avec d'autres, à la réappropriation de la mémoire historique du camp républicain espagnol et sur les enjeux mémoriels actuels en France et en Espagne.

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