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Notre ami Progreso Marin, porteur de tant de combats et de revendications. Pour beaucoup d'entre nous, c'était "Prog", tout simplement. Un grand passeur d'histoires de l'exil espagnol.

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Sur la tombe du grand poète Antonio Machado (1875-1939), à Collioure, dans la ville où il s'était réfugié lors de la Retirada de février 1939, ces quelques vers traduits de l'espagnol :

Et quand viendra le jour du dernier voyage, 

quand partira la nef qui jamais ne revient, 

vous me verrez à bord, et mon maigre bagage,

quasiment nu, comme les enfants de la mer.

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Disparition de Progreso Marin, ancien président d'IRIS-Mémoires d'Espagne

ACTUALITÉS

Le site de l’association IRIS pour la mémoire historique du camp républicain espagnol

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IRIS-Mémoires d'Espagne voudrait partager avec vous tous sa tristesse à la suite du décès brutal d'un de ses fondateurs qui fut longtemps son président : Progreso Marin. Nous perdons un ami mais le mouvement mémoriel perd aussi un grand passeur d'histoires de cet exil qui nous réunit. Il lui sera rendu hommage à “l'Espace Garonne” de Gagnac, près de Toulouse, le vendredi 8 juillet à 9 h 30 avant son inhumation au cimetière de Gagnac. 

L'exil et le train  un hommage de Jean Ortiz

Il  faut oser  appeler un  fils  Progreso, pour soulager l’humanité, ou un autre Numen, juste un identifiant, ou Luzbel l’ange lumière, celui qui devient le Diable, ou Floreal et Germinal, du calendrier révolutionnaire français, une fille Libertad, pendant  la Deuxième République, ou en pleine Guerre d’Espagne, ou Amador, ou Placer, pour faire la nique à la calotte, au goupillon, mais aussi pour revendiquer l’utopie en marche, une vision du monde laïque, au pays de l’Inquisition d’hier, et de mon saigneur Rouco (et Cañizares) d’aujourd’hui, à la soutane  tout aussi guerrière au service de l’ordre social et moral du capital.

Appeler un fils Progreso, (et ça t’allait si bien : Progreso !), c’est anticiper sur la révolution, c’est penser que le monde que tu souhaites est déjà là en germe, c’est la promesse de la prochaine « sociale ». Et pour  tous ceux  qui ont vécu  « la  croisade » des  vainqueurs fascistes, « l’exil  intérieur », le bannissement,  l’exclusion en Espagne franquiste, les terribles humiliations, ces prénoms barricades furent à la fois une fierté et un fardeau. Ils les payèrent cher. Le prix de l’engagement de verdad.

 Dolores, la  mère, était  une  « figura »  anarchiste   catalane à Ripoll.Une  rentre-dedans. Une révolutionnaire au verbe haut. Elle passa la  frontière deux  fois... L’anarchisme  espagnol :  un mouvement ouvrier de masse, et un apport universel, souvent minoré ou caricaturé. Et toi Progreso, fils de cette noirceur lumineuse, fils de l’exil, tu nais à Toulouse. « Tolosa, capital de la República ». Capitale de notre exil. Gamin tu baignes dans une culture libertaire. Revendiquée. Mais pas devant l’éternel !!! Tu adhéras même au PCF, pour une expérience non concluante... Et pourtant, « Le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas ? » Et puis Les Motivés, toujours dans l’ouverture, l’abrazo, la retenue,  la gentillesse, la droiture discrète... 

Et puis, et puis... L’exil comme une fêlure originelle, comme une cassure insurmontable et qu’il faut essayer de transcender, l’exil, source de force et de fragilité, source de relégation et de métissage, de poésie et d’écriture.  L’exil, comme on en naît, comme on en est, l’exil, cette  douleur s’hérite, de génération en génération... Progreso, toi le poète, l’écrivain. Ta Dolores, une vie pour la liberté, ta mère, et ton marquant Exilés espagnols, la mémoire à vif. Trop à vif ? Jamais assez. Combien de recherches, de rencontres, d’entretiens,  de  vies ou de  bouts de vie, racontés, de témoignages, recueillis, partagés, sortis de l’oubli, de résonances actuelles, de portes ouvertes, de destins hors du commun, d’anonymes mis en lumière, de batailles au coude-coude  pour transmettre et faire vivre cette mémoire. Urgente. Depuis si longtemps, hermano.

 Et puis, et puis... depuis six ans, le trou noir, ou rouge et noir si tu veux. La  souffrance insupportable, le désir de vie qui s’épuise.Les nombreuses tentatives. Et  puis « la bonne ». Lorsque désormais je prendrai le train, j’aurai mal aux tripes. Putain de train ! Mais tu l’as voulu ! « ¡ A las barricadas Progreso, ayer y siempre ! ».

 



 

 

Notre association

IRIS-Mémoires d’Espagne a été créée à TOULOUSE en 1996. IRIS signifiait au départ Itinéraires Recherches Initiatives du Sud. C'est aussi un papillon évoqué dans La Langue des Papillons, le superbe film de José Luis Cuerda (1999). Désormais, l'association travaille, avec d'autres, à la réappropriation de la mémoire historique du camp républicain espagnol et sur les enjeux mémoriels actuels en France et en Espagne.

Liens recommandés

 

• Sur les procès Garzón :

Amnesty International


El Pais

• Chansons de la IIe République et de la Guerre civile par le groupe El Comunero :

El Comunero

 


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